Voilà près d'un an que mon compagnon et moi (24 ans) avons emménagé dans un charmant 45 m² exposé sud, au dernier étage, côté cour, comprenant une pièce principale et une mezzanine. Situé en plein centre-ville, plus précisément dans une rue surnommée « rue de la soif » — qualificatif dû aux nombreux bars étudiants et à une boîte de nuit —, nous nous attendions à avoir quelques voisins attirés par les attraits de la rue.
L'immeuble compte six appartements, deux par étage, situés face à face et partageant une cloison commune.
Pendant huit mois, nous avons « eu la chance » d'avoir comme voisins un couple relativement discret en semaine, mais qui enclenchait un mode « Enfer » le week-end : cris, hurlements, musique à fond, bruit de bouteilles, que ce soit dans les parties communes ou sur leur mezzanine (séparée de la nôtre par un mur extrêmement mal isolé), et ce de 19 h à 22 h et de 3 h à 8 h du matin, un week-end sur deux.
Après avoir pris sur nous un moment, nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes. Nous nous sommes alors rendu compte qu'ils déménageaient : ô joie ! Nous n'avons finalement pas eu de problèmes avec eux. La libération n'a cependant duré que deux mois.
Fin juillet, une nouvelle locataire a pris place : la vingtaine, souriante, le genre de personne qui semble sans soucis…
Cela n'a pris que trois jours avant qu'elle vienne nous voir pour nous dire, je cite :
« Bonjour, vous allez bien ? Je joue de la guitare, elle ne vous dérange pas trop ?… »
Quelle voisine formidable, soucieuse de déranger ses voisins, une perle me direz-vous ?
« …parce que moi j'entends votre meuble qui grince et ce depuis hier soir, ça m'empêche de me concentrer quand je joue. »
Nous avons alors eu droit à des coups dans le mur, entre 22 h 30 et 4 h du matin, en semaine comme en week-end, car ma « chaise de bureau grince » et ce bruit harassant semble la rendre folle. Après une semaine de tambourinage constant, de remises en question et sans oublier les angoisses naissantes de faire trop de bruit et d'être réprimandée dans MON PROPRE APPARTEMENT, j'ai pris l'initiative de contacter mon propriétaire afin de savoir s'il avait déjà eu des retours nous concernant.
Nous avons fini par glisser un mot dans sa boîte aux lettres pour lui signaler qu'à partir de ce jour nous reprenions le contrôle de nos vies et que taper contre une paroi ne m'empêcherait plus de vivre comme bon me semble. Que nous sommes désolés, mais que nous n'avons pas 60 € à mettre dans un fauteuil actuellement et que nous ne pouvons pas empêcher nos deux chats de vivre — qui, à mon sens, font bien plus de bruit en jouant que ma chaise en craquant. Nous lui avons aussi suggéré de changer son lit de place, car il est hors de question que nous repensions l'espace de notre appartement. Nous lui avons aussi promis d'apprendre le morse afin de pouvoir lui répondre si cela se reproduisait.
Le dimanche suivant, elle est venue taper en furie à notre porte et prendre de haut ce petit message en affirmant que c'était son « remplaçant qui tapait » et qu'il n'y avait donc aucun problème.
Depuis, nous avons droit cinq soirs par semaine, entre 20 h 30 et 2 h du matin, à des déplacements de meubles, des passages d'aspirateur après 22 h ou occasionnellement des accords de guitare. Mais, nous sentant coupables d'être en possession d'une chaise qui grince, « nous ne pouvons pas vraiment lui faire de reproches ».
Jusqu'à la semaine dernière, où les coups ont recommencé. Après trois passages chez elle sans réponse, nous nous sommes vus dans l'obligation de lui adresser un second mot jeudi dernier, auquel elle n'a pas pris la peine de répondre. J'aurais dû lui demander, lorsque je l'ai croisée dans la rue, si son « remplaçant » se portait bien et s'il ne frappait pas trop aux parois de son crâne.
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