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Mégots en terrasse : la discussion qui part en fumée

Cela fait huit ans que j’habite au rez-de-chaussée d’un immeuble de quatre étages, avec une terrasse et un jardin rien qu’à moi. Depuis quatre ans, l’entente avec les habitants était plutôt harmonieuse : tout le monde était très calme et courtois.

Je venais de m’acheter une magnifique pergola pour profiter de ma terrasse sans être vue. Puis elle a emménagé : la fille du deuxième étage.

Elle a d’abord monté ses meubles jusqu’à 22 heures, et son emménagement a duré quinze jours. Ensuite, elle a demandé la clé Wi-Fi à mon délicieux voisin du dessus, car elle n’avait pas encore de connexion et voulait absolument accéder à ses mails.

Lors de notre première rencontre, je rentrais la poubelle de l’immeuble. Nous nous sommes présentées et elle m’a demandé si je la sortais tous les jours. Je lui ai détaillé les jours de ramassage, au cas où elle voudrait participer. Elle est repartie presque en courant, sans dire au revoir.

Puis des mégots ont commencé à tomber sur ma terrasse. Un, deux… Je ne dis rien, en me disant que ça va passer. Puis trois, quatre, dix, vingt… et même sur ma pergola, avec des bouts de papier et de carton. Elle roule des trucs.

J’ai mis un mot dans le hall : « Merci d’arrêter de jeter vos mégots sur ma terrasse. En cas de dégradation, je n’hésiterai pas à porter plainte. »

Il n’y a plus eu de mégots pendant une semaine. Elle réfléchissait…

Vendredi soir, on tape à ma porte. Je n’ouvre pas : je n’y suis pas obligée, c’est vendredi soir et je suis crevée. On tape, puis on retape, encore et encore, cinq fois, de plus en plus fort. J’ouvre, un peu excédée.

C’est la fille du deuxième. Elle affiche un grand sourire inexpressif et minaude. Son copain aurait fait tomber un truc par mégarde ; parfois, dit-elle, des choses tombent par mégarde. Et comme j’ai mis un mot…

Je vais lui chercher son mégot et les vingt autres tombés par mégarde, consciente qu’elle se paie ouvertement ma fiole. Elle me dit d’une petite voix mielleuse : « Mais vous savez, s’il y a un problème, il ne faut pas hésiter à venir en discuter. »

Je lui demande si discuter avec des gens qui jettent leurs déchets chez les autres n’est pas un peu peine perdue, étant donné le manque de respect à la base. Elle me répond que non, qu’il suffit d’en discuter. Elle le répète au moins cinq fois, sans se départir de son sourire. Il faut imaginer un petit avorton à lunettes, au visage à la Tim Burton, avec une voix frêle et assez désagréable.

Bref, en plus d’être crado, elle a le toupet de me faire la morale sur ma façon de réagir. Comme si c’était moi qui manquais de politesse parce que je ne suis pas venue la supplier de ne pas jeter ses déchets chez moi !

J’ai déjà remarqué que les gens mal élevés ne supportent pas qu’on le leur fasse remarquer.

En tout cas, c’est sûr : si je vais discuter un jour avec elle, ce ne sera pas les mains vides (tarte à la crème ? Marteau ? Batte de baseball ? Poing dans la g… ?).

Il y a des gens qui cherchent vraiment la m….

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